Je vous en parlais hier, j’inaugure une nouvelle rubrique. Tous les dimanches, vous retrouverez pour les puristes une analyse de l’évolution du domaine culturel en France. Cette analyse sera inspirée de mon mémoire de recherche, afin que nous pussions partager nos avis sur ma problématique : “Peut-on parler d’un nouveau projet culturel en France”; avec un thème sous-jacent, le rapport privé/public dans le domaine culturel.
Un ministère pour la culture
Le ministère de la Culture et de la Communication fête ses cinquante ans d’existence en 2009. Le décret du 24 juillet 1959 définissait ainsi les missions du ministère :
« rendre accessible les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français, assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et favoriser la création des œuvres de l’art et de l’esprit qui l’enrichissent ».
- André Malraux. Ecrivain et premier Ministre de la culture en France
André Malraux, premier ministre de la culture en France, dessinait ainsi l’objet de mission du ministère.
Depuis 50 ans ces principes n’ont pas changés, et ne peuvent être changés. Les moyens mis en œuvre quant à eux, ont évolué ces 50 dernières années.
En effet, c’est en 1982 que François Mitterrand demande le doublement du budget alloué au ministère de culture. Même si ce budget initial n’était pas de plus conséquent, aucun autre poste budgétaire ministériel n’a connu une augmentation de 100% de ces moyens.
C’est depuis ces années et le passage de Jack Lang que le ministère de la culture a prit toute sa place dans les milieux culturel : acquisitions, politique de grands travaux, …
Cette description n’est en aucun cas partisane. Au contraire, la politique a toujours eu une influence sur le destin de la culture en France.
Nous le verrons plus tard, des Médicis, à Jacques Chirac ; des châteaux de la Loire à La Grande Arche de la Défense, des armées des Invalides aux arts primitifs du quai Branly, la politique –et les hommes politiques- a toujours joué avec la culture et les projets culturels, et cela pour de multiples raisons.
Ce lien présent entre le projet politique et le projet culturel n’est pas une exception culturelle française. En effet, Venise a son somptueux palais des Doges, et ce n’est pas un hasard si chaque Président américain marque son empreinte par un projet éponyme de bibliothèque national.
- Le projet culturel est-il et/ou doit-il être dépendant d’un projet politique ?
Parallèlement, on constate également, que des entités privés (personnalités, entreprises, association, communauté, …) dépose leur empreinte dans d’importants projets culturels.
L’association loi 1901 et plus généralement le monde associatif a souvent une vocation sociale et culturelle.
D’autre part, même si le phénomène est exploité davantage outre atlantique, le déploiement des fondations est de plus en plus importante en France. Les fondations peuvent être d’entreprise ou privé. On pensera par exemple aux fondations Yves Saint Laurent –Pierre Berger et GDF-Suez.
C’est vrai, le mécénat est une tradition française, mais nous verrons que les actes de mécénats sont de plus en plus importants ces dernières années. Les sponsors et les partenaires d’évènement culturels ont prit une part importante des projets culturels
Nous analyserons les raisons de l’essor de ces participations privées plus tard sur ce blog.
- La participation aux projets culturels fait-elle partie de la culture de l’entreprise ?
- Quelles sont les facteurs clés de succès des secteurs privés et publics ?
- Quel serait le modèle optimum pour l’émulation et l’accès culturel ?
Si La mixité public / privé pourrait être une solution, ce n’est pas forcément un modèle établit et appliqué dans la stratégie du projet culturel français. Nous verrons quel pourrait être le modèle stratégique. En effet, à la suite des diagnostiques et analyse des entités qui prennent part aux projets –et au Projet – culturels français, nous pourrons déterminer les facteurs clés d’un nouveau modèle.
Nous étayerons nos hypothèses par des exemples et des situations qui laissent entrevoir les désirs d’aujourd’hui et les volontés de demain.
Il paraissait intéressant de vous livrer des clés de lecture organisationnelles du projet culturel. En effet, nous allons nous intéresser ici à 3 variable organisationnelles : le management, le financement, l’objectif culturel afin de définir le public ciblé par le projet. C’est à travers ces différents niveaux que la recherche s’articulera afin de démontrer au mieux cette dualité Privé /Publique.



Tout d’abord, concernant les liens entre les sphères politique et culturelle, il est important de noter que notre pays (presque) toujours soutenu financièrement la culture pour la sauvegarde et l’entretien des musées et des œuvres… Les œuvres culturelles recèlent l’histoire d’un pays, son fonctionnement, ses règles/normes, et il semble qu’elles représentent un moyen pour les gouvernements respectifs de justifier telle ou telle action politique, économique, sociale, avec ces œuvres à l’appui (littéraires notamment)… Il est donc indispensable de garder une trace du passé et de rebondir dessus dans le présent. Rien ne doit tomber dans l’oubli (Le camp d’Auschwitz à besoin en ce moment de 120 M d’euros pour des travaux de rénovation, justement pour respecter le devoir de mémoire.)
Nous arrivons aujourd’hui à une période charnière au cours de laquelle les acteurs culturels se retrouvent livrés à eux-mêmes (les montant des subventions publiques ne cessant pas de diminuer…). Ils sont donc forcés de se tourner vers des acteurs privés, et la rencontre entre les sphères publique et privée peut révéler de grandes différences culturelles, et un manque de compréhension entre les différentes parties…
Le soutien d’un projet culturel par une entreprises nécessite aujourd’hui de l’avoir inscrit dans une stratégie d’entreprise claire, facilement identifiables par les consommateurs qui demeurent encore aujourd’hui relativement méfiants par rapport aux actions de mécénat pratiquées par les entreprises (une stratégie floue impliquera des soutiens sans fil conducteur, au coup-par-coup et les consommateurs ne croiront que difficilement à l’engagement philanthropique de l’entreprise mécène.
Il ne faut pas se poser la question de savoir s’il est “bien” ou “pas bien” que les entreprises privées soutiennent des projets culturels. Le fait est que la sphère publique sera incapable de soutenir tous les projets culturels qui verront le jour les prochaines années. Les entreprises sont aujourd’hui les seules à pouvoir soutenir la quasi-totalité les projets. Reste une question essentielle à se poser: alors que l’Etat était jusqu’à présent garant de la pérennité des établissements culturels, un type de culture peu “tendance” arrivera-t-il à séduire une entreprise et à être soutenu? Une chose est sûre: les organismes vont de plus en plus entrer dans une logique “marchande”, avec les postes marketing et communication qui vont prendre une place de plus en plus importante.